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TÊTES D'AFFICHE

TÊTES D'AFFICHE

Le parcours singulier d’une infirmière clinicienne autochtone de notre région 

J’ai souvent eu l’impression que nos mocassins n’étaient pas faits pour marcher sur le béton.

Malgré les difficultés et la double discrimination que j’ai vécues durant ma jeunesse concernant mon statut de personne à moitié autochtone et à moitié non-autochtone, j’ai réussi à terminer ma scolarité. J’ai même poussé l’audace à poursuivre mon parcours à l’université, même avec le souvenir du regard détaché de mon conseiller d’orientation du secondaire lors de notre discussion au sujet de mon avenir. Pourquoi persister? Probablement parce que la discrimination, dont j’étais victime ici et là dans mon quotidien me motivait à persévérer.

Pendant près de 10 ans, j’ai fait ce métier dans le réseau provincial, mais en continuant de sentir de la discrimination, de la part de quelques collègues et d’usagers. Dans les péripéties médicales des membres de ma famille, où je pouvais percevoir cette forme de ségrégation, parfois dissimulée, parfois évidente, j’étais à même de constater, avec mes connaissances du réseau de la santé, la différence dans le traitement des Autochtones. Dans ma naïveté, j’ai déjà cru à des événements isolés, mais au fil des jours et des années, les récits de discrimination, de racisme et de jugement que je pouvais lire, ou me faire raconter par les gens de mon peuple, me troublaient énormément. Jusqu’au jour où ce sentiment devint si puissant et irrépréhensible qu’il s’empara de moi. Je devais aider mon peuple, idéalement toutes les Premières Nations du Québec!

Le destin fait bien les choses, car, au même moment, un poste d’agente à la liaison autochtone était en processus de création dans mon établissement. J’ai étudié le trac au ventre et j’ai postulé le cœur rempli d’espoir. La description de tâche avait été écrite pour moi : « Promouvoir le milieu autochtone, les réalités culturelles, linguistiques et politiques dans les services de santé et de services sociaux afin d’adapter l’accessibilité des services aux réalités autochtones ». Ces buts d’améliorer les choses pour les Autochtones, obligés de consulter dans le réseau public québécois, et de favoriser la collaboration mettaient à profit mes deux identités. Nos enfants, nos petits-enfants et ceux qui suivront méritent le rétablissement d’une relation de nation à nation entre les Québécois et les Premières Nations. En tant que membre de la nation Atikamekw, et en tant qu’infirmière, je pense être au bon endroit, au bon moment.

Pour bâtir ce pont, il faut se rencontrer les uns les autres, afin de réduire la mer de méconnaissance qui nous sépare. Après avoir vécu la discrimination systémique, le racisme incessant et les désagréments d’avoir vu le jour dans une autre culture que celle prédominante, la résilience n’est plus un choix, mais un mode de vie. Ainsi, j’espère contribuer à l’adaptation des services de santé et des services sociaux afin de favoriser l’accessibilité aux Autochtones.

Je finis en vous disant que nous sommes un peuple, certes oui différent, mais ensemble, autochtones et allochtones, nous formons le Québec. C’est main dans la main que nous pourrons avancer plus forts et plus solidaires, riches d’une histoire qui nous appartient.

Jennifer Petiquay
Agente à la liaison autochtone au CIUSSS MCQ

Les soins intensifs en temps de pandémie

Durant le parcours scolaire d’une future infirmière, une étincelle s’allume inévitablement dans ses yeux lorsque son chemin croise ce qui deviendra sa vocation. Ce moment est différent pour chaque personne. C’est en m’assoyant dans mon premier cours de soins critiques que le mot « passion » a pris tout son sens. Je savais désormais que j’allais travailler aux soins intensifs, ce qui constituait en soi une avenue ambitieuse, d’autant plus pour une candidate à l’exercice de la profession infirmière (CEPI). Toutefois, le défi ne s’arrêterait pas ici cette année. L’arrivée des CEPI, quel que soit leur milieu de pratique, serait marquée par un voile de crainte et d’inquiétude englobant toute la province. Au sein du CIUSSS-MCQ, plus de 125 CEPI ont dû, comme moi, naviguer dans l’apprentissage d’une nouvelle profession au gré d’une pandémie mondiale. Heureusement, mon parcours a été teinté d’une guidance et d’un encadrement inchangé par l’équipe des soins intensifs du CHAUR de Trois-Rivières, malgré le climat de la COVID-19. Grâce à leur passion et leur dévouement, ces infirmières et infirmiers transmettent leur flamme pour leur profession. Sans leur présence, je ne pourrais affirmer, moins de six mois après mon arrivée, avoir trouvé un milieu stimulant, valorisant et accueillant, dans lequel j’œuvrerai avec le même objectif que celui de mes collègues, soit de continuer à soigner les gens avec une humanité et une intégrité intacte dans cette situation exceptionnelle.

Alex Trottier
Candidate à l’exercice de la profession infirmière.

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