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COMITÉ JEUNESSE

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Reconnaître la différence pour mieux soigner les clientèles autochtones : pistes de réflexion et d’action 

Le personnel infirmier est souvent le premier contact entre le système de santé et les peuples autochtones (Wallace, 2018). Or, la dispensation de soins culturellement adaptés à cette clientèle comporte quelques défis (Hart et Mareno, 2014). Par exemple, l’environnement de travail n’est pas toujours adapté à leurs besoins, et les ressources pour se former sont parfois difficiles d’accès (Hart et Mareno, 2014 ; Wylie et McConkey, 2018). Particulièrement dans le cas des nouveaux membres de la profession, la confrontation des réalités exigeantes des milieux de soins amènent parfois au second plan les valeurs transmises au cours de la formation initiale (Roy et Robichaud, 2016). Afin de soutenir ces infirmières et infirmiers de la relève, voici trois pistes de réflexion et d’action à l’égard des clientèles autochtones.

  1. Il n’existe pas de marche à suivre spécifique lorsqu’il s’agit de soins destinés aux Autochtones. L’important, en tant qu’intervenante ou intervenant, est de pouvoir rencontrer les usagers, peu importe leur appartenance ethnoculturelle, en toute humilité dans le respect de leurs valeurs, de leur culture et de leurs besoins. L’humilité permet au personnel infirmier de faire preuve d’ouverture d’esprit envers différentes réalités méconnues afin d’en apprendre davantage sur elles.
  2. La relation de confiance est une des valeurs de la profession infirmière (OIIQ, 2015). S’informer sur les notions de base liées aux réalités autochtones est un moyen d’éviter de commettre un impair qui nuirait à l’établissement d’une relation de confiance entre vous et l’usager (voir les ressources disponibles dans l’encadré).
  3. Plusieurs langues autochtones sont bien vivantes au sein des Premières Nations. Ainsi, selon Statistique Canada (2016), le français n’est pas la langue maternelle de 24 % des Autochtones du Québec et, chez les Atikamekw, plus présents en Mauricie, ce taux grimpe à 78 %. Il ne faut donc pas négliger les conséquences de cette barrière bien présente de la langue, même si l’usager peut s’exprimer en français. La présence d’un interprète-accompagnateur doit être considérée comme une avenue intéressante pour sécuriser les informations transmises à l’usager et aussi le mettre en confiance.

Les efforts consentis pour mieux connaître les clientèles autochtones ne sont pas vaines. En effet, plus de 5 000 Autochtones habitent dans les communautés ou en milieux urbains, sur les territoires de la Mauricie et du Centre-du-Québec (AANC, 2019 ; Statistique Canada, 2019). La reconnaissance des différences entre les Autochtones et les Allochtones (non-autochtone) est une première étape vers la compréhension et le respect de celles-ci (Baba, 2013). Les pistes de réflexion et d’action proposées permettent donc de cheminer vers des soins de santé sécurisants au point de vue culturel.

Quatre références pour aller plus loin...

Anne-Marie Leclerc
Professeure au Département des sciences infirmières de l’UQTR.

Ses travaux de recherche portent sur la santé des Premières Nations.

Jennifer Petiquay-Dufresne
Agente à la liaison autochtone au CIUSSS MCQ

Références

Affaires Autochtones et du Nord Canada. (AANC, 2019). Profils des Premières Nations [en ligne]. Repéré à https://fnp-ppn.aadnc-aandc.gc.ca/fnp/Main/Index.aspx?lang=fra

Baba, L. (2013). Sécurité culturelle en santé publique chez les Premières Nations, les Inuits et les Métis : État des lieux sur la compétence et la sécurité culturelles en éducation, en formation et dans les services de santé. Prince George (C.-B.) : Centre de collaboration nationale de la santé autochtone.

Hart, P. L., et Mareno, N. (2014). Cultural challenges and barriers through the voices of nurses. Journal of clinical nursing, 23(15-16), 2223-2232. doi:10.1111/jocn.12500

Ordre des infirmières et infirmiers du Québec [OIIQ] (2015). Code de déontologie des infirmières et infirmiers. Montréal (QC) : OIIQ.

Roy, J., et Robichaud, F. (2016). Le syndrome du choc de la réalité chez les nouvelles infirmières. Recherche en soins infirmiers, 127(4), 82-90. doi:10.3917/rsi.127.0082

Statistique Canada (2019). Profil du recensement, Recensement de 2016 [en ligne].

Repéré à https://www12.statcan.gc.ca/census-recensement/2016/dp-pd/prof/index.cfm?Lang=F

Statistique Canada (2016). Résultats du Recensement de 2016 : Les langues autochtones et le rôle de l’acquisition d’une langue seconde [en ligne]. Repéré à https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/75-006-x/2018001/article/54981-fra.htm

Wallace, I. (2018). L’intégration de la compétence culturelle autochtone en sciences infirmières : l’expérience des professeurs (Thèse de doctorat inédite), Université d’Ottawa, Ottawa.

Wylie, L., et McConkey, S. (2018). Insiders’ Insight: Discrimination against Indigenous Peoples through the Eyes of Health Care Professionals. Journal of Racial and Ethnic Health Disparities, 1-9. doi:10.1007/s40615-018-0495-9

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