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COMITÉ JEUNESSE

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La violence envers les infirmières

Au Québec, les travailleuses et travailleurs de la santé et des services sociaux sont les personnes les plus exposées à la violence dans leur milieu de travail (INSPQ, 2018). Selon Shea et al. (2017), les sources prédominantes de violence et d’agression envers les infirmières sont les patients (79 %) ou leur famille (48 %). Causée consciemment ou en raison de la maladie, la violence a des répercussions importantes sur les victimes.

Parmi les conséquences recensées, les infirmières affirment avoir de la difficulté à rester professionnelles et centrées sur leur travail, et à respecter le code d’éthique envers le patient (Kvas et Seljak, 2015). Les incidences sont nombreuses : colère, peur, dépression, anxiété, troubles du sommeil, prise de congé de maladie, trouble du stress post-traumatique et insatisfaction professionnelle. 

La forme de violence la plus répandue chez les travailleuses et travailleurs de la santé est verbale. Elle survient sous différentes formes : des mots, un ton de voix, des menaces, des accusations, un manque de respect ou un mauvais traitement, laissant la victime humiliée, attaquée personnellement ou professionnellement (Kvas et Seljak, 2015).

Selon Howerton, Child et Mentes (2010), quatre facteurs augmentent le risque de violence des usagers envers le personnel hospitalier : 1) le stress engendré par une maladie aigüe; 2) l’intensité des émotions du patient ou de la famille incluant l’anxiété, la peur, la perte d’espoir, le deuil, la frustration ou la perte de contrôle sur la situation; 3) les caractéristiques personnelles de l’individu; 4) les clients récidivants. Un potentiel de violence existe aussi lorsque les réponses et les traitements de l’infirmière ne satisfont pas le client et sa famille.

Afin de réduire la violence en milieu de soins, Adams (2017) nomme des objectifs organisationnels. Il propose d’évaluer l’efficacité de l’enseignement sur la prévention de la violence et la capacité du personnel à repérer les patients à haut risque de violence. Aussi, d’évaluer si l’enseignement influence la fréquence des incidents par les clients récidivants.

La littérature décrit nombre d’interventions, notamment : l’enseignement du personnel concernant les interventions, les méthodes de sécurité, le maintien d’un environnement de travail sécuritaire, l’identification des problèmes et la création d’un plan d’action. Il faut aussi éduquer le public et inciter les infirmières à dénoncer les agresseurs et à utiliser les lois au besoin (Svas et Seljak, 2014).

Très peu d’incidents ou d’accidents sont rapportés par écrit à l’instance concernée malgré l’importance de le faire. La violence en milieu de soins ne devrait pas être une fatalité acceptée (Pich, Hazelton, Sundin et Kable, 2010).

Audrey-Anne Tellier, B. Sc. inf.

 

Références

Adams, J. (2017). Assessing the effectiveness of clinical education to reduce the frequency and recurrence of workplace violence. Australian Journal of Advanced Nursing, 34(3), 6-15.

Kvas, A., &Seljak, J. (2015). Sources of workplace violence against nurses. Work, 52(1).

Howerton Child RJ, Mentes JC. (2010). Violence against women: The phenomenon of workplace violence against nurses. Issues in Mental Health Nursing, 31(2), 89-95.

Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). (2018). La violence en milieu de travail. Rapport Québécois sur la violence et la santé.

Pich J, Hazelton M, Sundin D, Kable A. (2010). Patient-related violence against emergency department nurses. Nursing & Health Sciences, 12(2), 268-74.

Shea, T., Sheehan, C., Donohue, R., Cooper, B., & De Cieri, H. (2017). Occupational violence and aggression experienced by nursing and caring professionals. Journal of Nursing Scholarship49(2), 236-243.

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