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COMITÉ JEUNESSE

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La maltraitance chez les aînés

Plusieurs infirmières de la relève seront appelées à travailler auprès des personnes âgées. Il est donc essentiel pour elles de rester à l’affût de toute forme de maltraitance chez cette clientèle afin d’intervenir rapidement et adéquatement. Ce premier article, d’une série de deux, vous familiarisera succinctement avec le concept de maltraitance.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS, 2002) décrit la maltraitance envers les personnes âgées comme un acte isolé ou répétitif, ainsi qu’une absence d’action appropriée qui survient dans une relation de confiance et qui cause du tort ou de la détresse chez la personne âgée. Elle peut prendre plusieurs formes, soit psychologique, physique, sexuelle, matérielle, financière et organisationnelle; l’âgisme et la violation des droits en sont même des manifestations. Selon Cooper (2008), elle se présente dans notre société avec une prévalence variant de 2,7 % à 27,5 % et pouvant aller, dans certains cas, jusqu’à 44,6 %. Bien qu’elle puisse être très apparente, elle peut s’avérer également très subtile. L’impact de la maltraitance chez la personne âgée est majeur. Elle est un facteur de risque pour la santé mentale, la qualité de vie, la santé (Park, 2014), l’institutionnalisation (Dong, 2013) et même que la mortalité (Schofield, 2013). Il est primordial en tant que relève de vous familiariser avec le concept de maltraitance afin de mettre en place des actions concrètes dans votre travail qui permettront de l’éviter.

Le risque de maltraitance est directement lié au niveau de vulnérabilité du client et à son degré de dépendance, tant au niveau cognitif qu’au niveau physique. L’accueil à l’urgence peut, par exemple, être une situation à risque étant donné l’anxiété liée à l’ignorance de la situation médicale et au manque de contrôle des usagers. La maltraitance se présente sous plusieurs formes. Elle peut, par exemple, prendre la forme d’omission de droits fondamentaux des patients, tels le droit des patients à l’information, le soulagement de la douleur et le respect de la dignité.

La maltraitance peut être de nature organisationnelle. Elle comprend le degré d’empathie et de bienveillance du personnel soignant, le manque d’écoute aux requêtes, de considération ou d’information, les temps d’attente interminables et inexpliqués et le sentiment d’être invisible aux yeux de l’organisation. C’est une forme de maltraitance qui est souvent banalisée et impalpable. De plus, l’utilisation abusive des contentions tant chimiques que physiques est considérée comme de la maltraitance (Haute autorité de santé, 2010).

Sans surprise, la maltraitance peut prendre place dans les rapports humains, par exemple lorsque le patient est ignoré pendant des discussions entre les professionnels ou dans les cas de culpabilisation des proches. Elle comprend également l’ignorance des plaintes des patients ou la minimisation de celles-ci.

Plusieurs solutions ont étés mises en place en vue de faire la promotion de la bientraitance, entres autres plusieurs politiques légales d’information et des campagnes de sensibilisation visant le personnel soignant. En mai 2017, le MSSS a mis en place la Loi visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés et toute autre personne majeure en situation de vulnérabilité. Elle oblige les professionnels de la santé à signaler certains cas de maltraitance auprès du commissaire local aux plaintes et à la qualité des services de l’établissement si la personne y reçoit des services ou, dans les autres cas, à un corps policier (Letourneau, 2017). Restez à l’affût au quotidien et n’hésitez pas à questionner si vous avez des doutes ou des questions.

Écrit par :
Audrey-Anne Tellier, inf., B. Sc.
Membre du Comité jeunesse de l’ORIIMCQ

Révisé par :
Caroline Lemay, inf., M. Sc.
Présidente du Comité jeunesse de l’ORIIMCQ

 

Références

Cooper, C., Selwood, A. & Livingston, G. (2008). The prevalence of elder abuse and neglect: a systematic review. Age Ageing, 37,151–60.

Dong, X. & Simon, MA. (2013). Association between reported elder abuse and rates of admission to skilled nursing facilities: findings from a longitudinal population-based cohort study. Gerontology. 59(5):464-72.

Haute autorité de santé. (2010). Maltraitance/bientraitance dans les établissements de santé. Has-sante. France.

Létourneau, J. (2017). Maltraitance et signalement obligatoire. Chronique déontologique, ordre des infirmières et infirmiers du Québec. Repéré à: https://www.oiiq.org/maltraitance-et-signalement-obligatoire

Park, H-J. (2014). Living with ‘Hwa-byung’: the psycho-social impact of elder mistreatment on the health and well-being of older people. Aging & Mental Health.18(1):125-8.

Schofield, MJ., Powers, JR. & Loxton, D. (2013). Mortality and disability outcomes of self‐reported elder abuse: a 12‐year prospective investigation. J Am Geriatr Soc. 61(5):679-85.

World Health Organization (2002). The Toronto Declaration on the Global Prevention of Elder Abuse. Geneva.

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