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CLINIQUEMENT VÔTRE

CLINIQUEMENT VÔTRE

L’ACCIDENT VASCULAIRE CÉRÉBRAL 

Amélie Bélanger
Amélie Bélanger

L’accident vasculaire cérébral (AVC) est un problème de santé important. Dans le monde, 15 millions de personnes sont victimes d’un AVC annuellement, dont 5 millions mourront de ses suites et un autre 5 millions survivront avec de lourdes conséquences qui apporteront un fardeau important au sein de leur famille (World Health Organization et Center for Disease Control and Prevention [CDC], 2004).

Quelques statistiques sur le sujet 

Aux États-Unis, 795 000 personnes reçoivent un diagnostic d’AVC chaque année, de ce nombre, en moyenne, une personne finit par en mourir toutes les quatre minutes (CDC, 2017).

Actuellement, au Canada, de 40 000 à 50 000 personnes sont soignées dans les hôpitaux à la suite d’un AVC ou d’un accident ischémique transitoire (AIT) annuellement (Fondation des maladies du cœur et de l’AVC du Canada, 2014). L’AVC est la première cause d’incapacité grave chez l’adulte (Statistique Canada, 2011) et représente la troisième cause de décès au Canada, soit environ 10 000 Canadiens qui meurent des séquelles d’un AVC par année (Agence de la santé publique du Canada [ASPC], 2011). Chaque jour, au Québec, environ 43 personnes reçoivent un diagnostic d’AVC ou d’AIT (Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec [MSSS], 2013). De plus, le lourd fardeau économique engendré par l’ensemble des soins administrés aux gens atteints d’AVC frôle les 3,6 milliards de dollars annuellement (ASPC, 2011).

Conséquences physiques, cognitives et émotionnelles 

L’AVC entraîne de lourdes conséquences physiques, cognitives et émotionnelles chez les gens qui survivent. Notamment, environ 300 000 Canadiens vivent avec les séquelles d’un AVC (ASPC, 2011)  dont 60 % rapportent avoir besoin d’aide, pendant que 80 % mentionnent avoir des restrictions dans leurs activités de la vie quotidienne (Comité d’experts sur l’offre de services de réadaptation post-AVC, 2013).

La récupération des capacités physiques ou intellectuelles s’avère longue, souvent partielle, voire parfois nulle. En effet, d’un tiers à deux tiers des gens qui survivent à un AVC seront atteints d’une perte de fonctions cognitives, de mobilité ou de problèmes liés au langage qui nécessiteront de la réadaptation (ASPC, 2011). Par conséquent, l’impact de l’AVC sur la qualité de vie des gens et sur leur famille est très important. En plus de devoir apprendre à vivre avec les séquelles de leur AVC, ces gens doivent souvent faire face à la dépression et à l’isolement social (Comité d’experts sur l’offre de services de réadaptation post-AVC, 2013).

Définition et causes 

L’AVC se définit essentiellement par une interruption complète ou partielle du flux sanguin qui irrigue le cerveau et prive ainsi ses cellules d’oxygène. Il existe principalement deux types d’AVC, soit l’AVC ischémique causé par l’obstruction d’un vaisseau qui est responsable d’environ 80 % des AVC et l’AVC hémorragique causé par la rupture d’un vaisseau qui survient dans 20 % des cas. Lorsque l’interruption de la circulation sanguine se fait de façon partielle et temporaire au cerveau, il s’agit d’un AIT. Lors d’un AIT, les symptômes sont souvent réversibles et disparaissent généralement en moins de vingt-quatre heures. Chez les gens ayant fait un AIT, 35 % d’entre eux feront un AVC au cours des cinq années suivantes (Gillen, 2011).

Prise en charge et récupération 

L’optimisation des soins administrés aux gens qui subissent un AVC dépend de la rapidité de la reconnaissance des symptômes par la personne ou par ses proches. Un délai entre l’arrivée des symptômes d’AVC chez la personne et sa prise en charge atteint de façon significative le potentiel de récupération de celle-ci (Mohr et al., 2011). En effet, des chercheurs ont démontré une étroite relation entre la rapidité de la prise en charge de l’AVC et la récupération post-AVC (Saxena, Ng, Yong, Fong, et Gerald, 2006). De plus, l’organisation des services et des soins administrés aux gens ayant subi un AVC a un impact déterminant sur la morbidité et la mortalité post-AVC et améliore considérablement la qualité de vie de ces gens lorsqu’elle est optimisée (Fondation des maladies du cœur et de l’AVC du Canada, 2014; Statistique Canada, 2011; ASPC, 2011; MSSS, 2013; Comité d’experts sur l’offre de services de réadaptation post-AVC, 2013; Gillen, 2011; Mohr et al., 2011; Saxena et al., 2006; Réseau canadien contre les accidents cérébrovasculaires et Fondation des maladies du cœur du Canada, 2010).

Recommandations 

Dans la perspective d’une amélioration de la prise en charge des personnes qui subissent un AVC, des lignes directrices ont été créées en 2006 pour standardiser les soins de l’AVC au Canada et pour instaurer un continuum de soins et un corridor de services adaptés à cette clientèle. Ces recommandations canadiennes visent à réduire l’écart entre la pratique clinique et les résultats de recherche (Réseau canadien contre les accidents cérébrovasculaires et Fondation des maladies du cœur du Canada, 2010). Parmi les recommandations canadiennes, certaines concernent directement la pratique infirmière et peuvent avoir un impact déterminant sur la récupération post-AVC. À titre d’exemple, la dysphagie peut entraîner une pneumonie d’aspiration chez la personne dont le dépistage n’aurait pas été fait (Yeh et al., 2011).

De plus, la littérature fait état d’un grand nombre d’études qui portent davantage sur les soins médicaux tels que la thrombolyse et la thrombectomie, et plus précisément sur le traitement pharmacologique en prophylaxie des facteurs de risque de l’AVC (Barnard, 2011; Bentz, 2015; Chen et al., 2015; Gory, 2017; Keach, Bradley, Turakhia, et Maddox, 2015; Khan, 2017; Kim, Shin, Noh, Goh, et Lee, 2016; Park et Ovbiagele, 2015; Tung, 2017). Or, le nombre d’études est beaucoup plus restreint en regard des soins infirmiers et il importe grandement de s’en préoccuper (Donnellan, Sweetman, et Shelley, 2013; Gache et al., 2014).

Amélie Bélanger, B. Sc. inf., M. Sc. (c.)
Conseillère clinique en soins infirmiers
Direction adjointe soutien et développement des pratiques professionnelles en soins infirmiers et d’assistance et prévention des infections
Hôpital Sainte-Croix

 

Références 

Agence de la santé publique du Canada. (2011). Suivi des maladies cardiovasculaires et des accidents vasculaires cérébraux (AVC) au Canada : Faits saillants sur les AVC 2011. Repéré à http://www.phac-aspc.gc.ca/cd-mc/cvd-mcv/sh-fs-2011/pdf/StrokeHighlights_FR.pdf

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Bentz, B. A. (2015). Nonvitamin K antagonist oral anticoagulants in everyday practice: Stroke prevention in atrial fibrillation and treatment of venous thromboembolism. Journal of the American Association Nurse Practitioners, 27(12), 721-731. doi:http://dx.doi.org/10.1002/2327-6924.1233

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Comité d’experts sur l’offre de services de réadaptation post-AVC. (2013). Trajectoires de services de réadaptation post-AVC : Un continuum centré sur la personne. Repéré à http://old.repar.ca/admin/files/images/Rapport_CarolRichards.pdf

Donnellan, C., Sweetman, S., et Shelley, E. (2013). Health professionals' adherence to stroke clinical guidelines: a review of the literature. Health Policy, 111(3), 245-263. doi:http://dx.doi.org/10.1016/j.healthpol.2013.05.002

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Khan, S., Amin, F. M., Holtmannspötter, M., Hansen, K., Florescu, A. M., Fakhril-Din, Z., . . . Ashina, M. (2017). Endovascular thrombectomy and post-procedural headache. The Journal of Headache and Pain, 18(1), 1-4. doi:http://dx.doi.org/10.1186/s10194-017-0719-0

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