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CLINIQUEMENT VÔTRE

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Le diabète et la base de l’enseignement 

Chantal Lehoux
Guylaine Trudel

L’auto-prise en charge du diabète par le patient est la clé d’une gestion appropriée du diabète et favorise une diminution des possibles complications à long terme. Ce sont les principales raisons pour lesquelles il est primordial que chaque infirmière connaisse les dernières mises à jour des lignes directrices du diabète et que l’enseignement proféré soit le même du diagnostic au suivi dans les différents sites et établissements de santé.

Dans le souci d’un enseignement uniformisé, il est important d’utiliser des références reconnues et crédibles. Les lignes directrices canadiennes du diabète1, le FIT Canada2, le PRIISME3 et le site de Diabète Québec4 sont les outils à consulter si certaines connaissances ont besoin d’une mise à jour.

La base du traitement du diabète demeure l’alimentation et l’exercice physique. C’est avec l’aide et le support de l’équipe multidisciplinaire (infirmière, nutritionniste, kinésiologue, etc.) que le patient réussira une prise en charge adéquate.

Dès le moment du diagnostic, l’auto-surveillance de la glycémie est primordiale. Selon la médication prescrite, la fréquence de la prise de glycémie peut varier. Ainsi, l'emploi d'un traitement pharmacologique avec la Metformine ne nécessite pas une surveillance aussi fréquente qu'avec l’utilisation de l’insuline, par exemple. La prise de glycémie doit être effectuée sur le côté des extrémités des doigts plutôt que sur le bout de ceux-ci et la lancette doit être changée à chaque utilisation. Le risque d’infection et l’altération possible des résultats de glycémie par la présence de sang séché sont les 2 raisons principales qui justifient l’utilisation unitaire des lancettes. Les bandelettes doivent être conservées dans leur contenant d’origine et la date d’expiration doit être respectée. Le glucomètre doit demeurer accessible en tout temps par le patient et ne doit pas être exposé au froid à la chaleur.

Il est essentiel d'appliquer à la lettre le protocole d'hypoglycémie. Le patient, sa famille ou son entourage immédiat doivent reconnaître rapidement les symptômes d'hypoglycémie: étourdissements, diaphorèse, tremblements, céphalée, somnolence, faiblesse ou vision trouble. Lorsque ces symptômes sont visibles, le patient doit prendre sa glycémie. Si celle-ci se situe entre 2,8 mmol/L et 4,0 mmol/L, le patient doit consommer 15 g de glucides rapides, par exemple 15 ml de sirop d’érable, de miel ou de sucre dilué. Si la glycémie est inférieure à 2,8 mmol/L, l'absorption de 20 g de glucides est nécessaire, avec 20 ml les mêmes sources que celles énumérées ci-haut. Après un temps de repos de 15 minutes, où le patient doit diminuer au minimum ses activités, une glycémie de contrôle doit être prise afin de s'assurer qu'elle soit supérieure à 3,9 mmol/L, sinon le protocole est appliqué à nouveau. Si la glycémie est revenue dans les valeurs normales, et si un repas n'est pas prévu dans la prochaine heure, le patient doit prendre une collation contenant une protéine et une source de glucides.

Lorsque le patient doit s’injecter de l’insuline, il est important de s’assurer qu’il respecte bien la technique d'injection et que la conservation de l’insuline est adéquate. L’insuline utilisée doit demeurer à la température de la pièce et elle se conserve ainsi durant 28 jours. La réserve de cartouches d'insuline ou de stylos pré-remplis doit être conservée au frigo. Les aiguilles fine de 4 mm doivent toujours être utilisées et ce sans égard à l’indice de masse corporel du patient. Comme cette aiguille est courte, il n'est pas nécessaire de pincer la peau pour y insérer l'aiguille et faire l'injection. Un vide d’air de 1 à 2 unités est nécessaire au préalable pour s’assurer que l’aiguille est perméable. Le type d’insuline utilisée détermine l'endroit du site d’injection. Ainsi, l’insuline rapide doit préférablement être injectée dans l’abdomen et les insulines lentes et intermédiaires doivent se donner dans les cuisses. Le site d'injection situé dans la partie arrière du bras est utilisé seulement lorsqu’une tierce personne injecte l’insuline au patient puisqu'il s'agit de site difficile d'accès. Le risque de s’injecter dans le muscle est donc trop grand lorsque le patient tente de s'administrer lui-même son insuline dans le bras.

Il est important de mentionner au patient diabétique de contacter son infirmière en diabète ou son pharmacien si elle ne peut s'alimenter (gastroentérite, rhume, indigestion) car certains médicaments ne peuvent être pris lors des périodes de jeûne ou de maladie.

N’oubliez pas que si vous avez un questionnement, les infirmières éducatrices en diabète de votre établissement sont disponibles pour y répondre!

Guylaine Trudel, infirmière clinicienne
Suivi systématique des maladies chroniques

Références

  1. ASSOCIATION CANADIENNE DU DIABÈTE, Lignes directrices de la pratique clinique 2013, [en ligne] 
    http://guidelines.diabetes.ca/cdacpg_resources/CPG%20Quick%20Reference%20Guide_FR_PRESS_Jan2017.pdf (page consultée le 2017-03-12)
  2. FIT CANADA FORUM SUR LA TECHNIQUE D’INJECTION, Recommandations sur les meilleures pratiques relatives à la technique d’injection 2012, [en ligne] http://www.fit4diabetes.com/files/7213/3769/2015/FIT_Recommendations_Canada_French.pdf (page consultée le 2017-03-12)
  3. CIUSSSS MCQ, PRIISME diabète 2016 [en ligne] http://ciusssmcq.ca/documentation/documentation-partenaires/priisme-diabete/ (page consultée le 2017-03-12)
  4. Diabète Québec 1999, [en ligne] http://www.diabete.qc.ca/ (page consultée le 2017-03-12)

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